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Prochains articles :MORTESIUM...INVERCAULD...KAMMARHEIT...
...musiques obscures, funèbres, oniriques et dépressives ...
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DARK, BLACK AND HAUNTED SOUNDSCAPES

DARK, BLACK AND HAUNTED SOUNDSCAPES
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Nordvargr / Drakh



Pour les âmes noires et hantées que ne peuvent ravir que les ténèbres du Nord, voici donc l’une des plus illustres collaborations de la scène industrielle scandinave, NORDVARGR, compositeur de talent, qui, au-delà de son projet du même nom, officie en plus dans une foule de projets parallèles aussi riches que variés, et qui retrouve ici son ex comparse de MZ.412, DRAKH, qui préside de son côté au rituel dans Beyond Sensory Experience.

NORTHERN DARK SUPREMACY
L.S.D. Organisation



A1- Northern Dark Supremacy
A2- Ihmatak
B1- Glacier Movements
B2- Betulheim
B3- Hat Ät Vär Bön

Lent, monotone, répétitif, « Northern Dark Supremacy », premier titre du vinyle, est à lui seul un véritable manifeste de la musique industrielle nordique. Des notes s’égrainent douloureusement sur un fond de drones brumeux, et après quelques phrases dites dans un hurlement de désespoir propre aux formations de black metal, les synthés souffreteux entrent en scène. Tout s’assombrit encore plus, et malgré le côté répétitif du titre, la douleur en devient presque enivrante, rituelle, à la manière de nombreux morceaux ambiants de doom dépressif. Car en effet, « NORTHERN DARK SUPREMACY » est une sorte d’album crossover, entre le dark/black ambient, et certaines formations de métal atmosphérique et funèbre. Et ce ne sont pas les riffs typiquement doom et étirés comme de longs drones gutturaux de la fin, les lourds remous industriels, qui viendront contredire cette impression. Malgré sa longueur, ce premier titre est plutôt réussi, noir, désespéré, et ténébreux à souhait.
Le très industriel et sombre « Ihmatak » conclut à merveille cette première face, on regrette juste qu’il ne soit pas plus long.
Plus discret, « Glacier Movements », qui rappelle certain des albums de field recordings d’Hazard. Assez différent aussi, il faut le dire, dans son approche des mouvements les plus secrets, les plus inquiétants, de la glace qui craque, gémit et se brise, que le sublime et génial « Drifting in Motion » de Necrophorus, ce titre n’en est pas moins évocateur cependant ; et surtout, paraît beaucoup plus sournois.
« Betulheim » est à rapprocher de certains morceaux de New Risen Throne, dont il a la noirceur : voix énigmatiques issus de discours enregistrés, déformées, presque impossible à identifier, sons imprécis, drones instables, mais il reste pourtant en deçà des meilleurs moments de ce dernier. Le titre réussit tout de même à créer une certaine atmosphère lugubre.
Quant à lui, le dernier morceau de la face B rappelle certain passage de MZ.412 ; bourdonnements industriels et percussions, mais sans grande originalité toutefois.
« NORTHERN DARK SUPREMACY » est donc un album assez inégal, mais où tout bon fan de dark ambient brumeux sera trouver sa pitance.

COLD VOID OF NOTHING
Fluttering Dragon 2002



1- Void Ad Infernum
2- Apostel Of Insanity
3- Serenade Nocturnes
4- Into Darkness Forever
5- A Profusion Of Evil
6- N.D.S. v2

Après le sympathique premier titre « Void Ad Infernum », à classer quelque part entre les œuvres personnelles de NORDVARGR, Atrium Carceri et Kerovnian, nous entrons dans le vif du sujet avec le très expérimental, voir empreint d’éléments noise à la fin, « Apostel Of Insanity ». On comprend d’emblée avec ce titre que l’album sera un mélange du dark/black ambient propre à cette collaboration, mais pas seulement, et qu’il intégrera aussi de nombreux éléments expérimentaux, que des fréquences instables, des drones sinueux, des grincements insistants, et autres mouvements chtoniques de synthés, viendront en enrichir la texture, les ambiances tourmentées. Des chants religieux, des voix délétères se mêlent aussi au titre, et même si on n’atteint pas, hélas, la noirceur infernale de l’album « Helvete », de NORDVARGR, « COLD VOID OF NOTHING » se fait son propre chemin, ouvre sa propre voix dans le vide existentiel et la noirceur insane de l’au-delà.
Tout aussi infernal, « Serenade Nocturnes » atteint son objectif. Boucles lugubres de synthés, perturbées par de multiples oscillations, des perturbations éthériques en provenance directe de l’Hadés. On songe aussi à Innana ou Archon Satani, mais en plus expérimental, plus torturé et bouillonnant. « Serenade Nocturnes » est sans doute l’un des titres phares de l’album.
Retour aux guitares, au doom le plus noir avec « Into Darkness Forever ». Le titre suivant « A Profusion Of Evil » fait de nouveau la part belle aux expérimentations sonores infernales, lancinantes, exhalant le mal en un curieux, mais réussi, compromis de vibrations sonores, de modulations inquiétantes, de bruits plus ou moins répétitifs ajoutés en contrepoint.
On termine avec une seconde version du titre « Northern Dark Supremacy », tirée du précédent album. Version quasi similaire, sinon, pour ceux qui ont le vinyle, que les éventuels craquements ont disparu ; les synthés se manifestent aussi plus tôt, au début, et les guitares saturées semblent durer plus longtemps à la fin…mais c’est tout.
« COLD VOID OF NOTHING » propose une vision personnelle, aboutie, et originale – ce qui est vraiment rare - , de ce que tout album de dark ambient devrait être, à savoir une œuvre riche, intense, mêlant des éléments traditionnels à une dose savamment intégrée d’expérimentation, d’originalité...

INFINITAS IN AETERNUM
Cyclic Law 2004



1- Beryll
2- I.I.A
3- Black Emitting Oven
4- Scotopic Vision
5- Decomposition Of Forces
6- Skiatron

Après le très expérimental et franchement réussi « COLD VOID OF NOTHING », « INFINITAS IN AETERNUM » apparait d’emblée comme un album beaucoup plus sournois, tout en noirceur larvée, en haine mal contenue, mais qui aboutit finalement au même résultat. Et ce dès « Beryll », le premier titre, puisque tous les morceaux sont construit comme de longues suites fantastiques, tout en subtilité, en succession de touches malsaines et lugubres qui fonctionnent à merveille.
Passée le second titre « I.I.A » qui ne se démarque pas de nombreux compositeurs ambiants qui utilisent ici et là de longs drones brumeux et obscurs ; on pense notamment à Tim Hecker, Tom White ou Taylor Dupree, mais pas dans leurs œuvres les plus originales… On retourne donc au vif du sujet avec « Black Emitting Oven ». Titre ambiant, désenchanté, tout emprunt d’une malignité latente, que l’on sent prête à exploser derrière les notes douces-amères, presque stridentes, et erratiques, qui s’étirent au long de la première partie. Puis les guitares viennent cristalliser toute la noirceur du propos, terminant leur parcours en un maelström sonore avant de laisser à leur tour leurs places à des stridulations, des bourdonnements insaisissables, d’une redoutable efficacité.
« Scotopic Vision » est un autre long morceau à la noirceur fantastique et désenchantée, et dont aucun espoir ne semble pouvoir ressortir, dont aucune lueur ne semble pouvoir filtrer de ses notes éparses, de ses sonorités désillusionnées, qui s’assemblent lentement pour former un paysage sonore à la noirceur stygienne.
« Decomposition Of Forces » est tout aussi efficace, stridulations discrètes, irritantes, mélodies nauséeuses, craquements de fond, remous furtifs… L’ambiance est parfaite… et on reste dans le même ensorcellement noir et glauque des sens avec le sinistre et ultime: « Skiatron ». Titre tout aussi travaillé que les précédents et où chaque bruits, chaque sons, chaque notes expirantes est à sa place…
Bref un au autre chef-d’œuvre… Tout simplement…

THE BETRAYAL OF LIGHT
tUMULt 2007



1- The Betrayal Of Light
2- Enclosed Inclusion
3- Vessel
4- Ambiguous Anatomy
5- Reaction Infernale
6- Ende

Il revient à « THE BETRAYAL OF LIGHT » la lourde tache de succéder à « INFINITAS IN AETERNUM », et, il faut bien l’avouer, malgré de très bons moments, ce nouvel album reste en deçà des précédentes productions du duo. « THE BETRAYAL OF LIGHT » marque aussi un retour des comparses à un usage plus accentué des guitares doomisantes… et ce destine plus aux fans de doom/ambiant expérimentale.
Volontairement monotone, désolée, à la manière de certains morceaux ambiants issus de formations doom, « The Betrayal Of Light », premier titre de l’album, ne décolle jamais vraiment, même lorsque les guitares de DRAKH s’emparent de l’espace : elles ne diffèrent guère de nombre de productions du genre, et l’on se prend aussi à songer, par exemple, à certain des morceaux les moins marquants de Beyond Sensory Experience.
« Enclosed Inclusion » reste assez proche du premier morceau, riffs névrosés d’une lourdeur catatonique, coincés entre deux passages ambiants, mais il manque le petit quelque chose qui fait que...
En revanche, « Vessel » me semble plus intéressant, les arpèges se parent ici d’une mélancolie dont sont dépourvus les deux premiers titres, les ambiances sont beaucoup plus fouillées, et rappellent quelque peu le travail de « COLD VOID OF NOTHING ».
Après une première partie saturée de riffs lourds, « Ambiguous Anatomy » replonge dans les ambiances sombres et expérimentales de certaines productions plus anciennes, et ce, avec une certaine réussite.
Cherchant lui aussi à créer une lourde impression de monotonie, de tristesse, mais aussi d’angoisse, « Reaction Infernale » réussie plutôt bien son pari au travers d’arpèges morcelés, lointains, et de tout un brouillard sonore intemporelle, mi-angoissant mi-déprimant qui occupe l’espace. On reste dans le même registre avec « Ende », lent, monotone et sombre à la fois.
Après l’expérimental et sombre “COLD VOID OF NOTHING” et le très intimiste et fascinant « INFINITAS IN AETERNUM », « THE BETRAYAL OF LIGHT » semble, par comparaison, nettement moins marquant. Mais il faut bien avouer que les deux comparses nous ont tellement habitué à produire des œuvres de qualité, que l’on en deviendrait presque difficile…

NORDVARGR Part I ( 2002-2008)
NORDVARGR Part II ( 2009... )

NORDVARGR (II)

BLACK AMBIENT MASTER
NORDVARGR PART II (2009…)
[NORDVARGR PART I (2002-2008) ]



EVOLUTION
Old Europa Café 2009


Evolution
1-1 Into The Vast Terrain
1-2 Clean
1-3 Intermission / A13370
1-4 Steriliserad
1-5 Avenging Corridors
1-6 The Silence Of Inner Demons Raging
1-7 Intermission / C13356
1-8 Ballad Of The Black Horseman

Avart - Music For Movement
2-1 Oct1
2-2 Ikt2
2-3 Uct3
2-4 Act4
2-5 Ökt5
2-6 Åkt6
2-7 Hild7
2-8 Äkt8

I End Now
2-9 Interrupted By Thyras Ande Och Arv
2-10 Automatik
2-11 Rektal
2-13 Patterns Again

CD1
Evolution

L’introduction d’« Into The Vast Terrain » rappelle le début de « Dronevessel Part III » de l’album « Helvete ». Le titre reste froid, glacial, avec ces pulsations rythmées qui le rapproche de certains albums d’Innana ou d’Archon Satani.
Long morceau triste, neurasthénique et spectral, « Clean » confirme que ce premier CD d’EVOLUTION sera aussi à classer parmi les œuvres les plus efficaces du maître.
Vieilles momies et pyramides pour « Intermission / A13370 » et son ambiance égyptienne qui rappelle certain morceaux d’Herbst9.
On reconnait dans « Steriliserad » différents éléments déjà utilisés par le passé, mais combinés en une nouvelle version, plutôt inquiétante d’ailleurs.
Tout aussi noir et inquiétant, « Avenging Corridors », percussions épiques, mélodies fantastiques, voix cadavériques, synthés planant sur fond de gémissements discrets, de mélodies lugubres… Ici aussi, on reconnait certaines notes, certains éléments sonores déjà utilisés par le passé, mais combinés en une nouvelle et terrifiante version…
Autre courte pièce fantastique, « The Silence Of Inner Demons Raging », qui, même s’il n’a pas la même puissance évocatrice que le titre précédent, reste malgré tout intéressant.
Très différent de la première version, « Intermission / C13356 » est un court morceau aux boucles, aux drones cauchemardesques, et sans concession.
Retour au meilleur de NORDVARGR, à ces ambiances fantastiques et troubles, rythmés et mortuaires, avec le dernier titre qui rappelle, entre autres, certains passages de « For the Blood is the Life ».
Inutile de dire que ce premier CD justifie à lui seul l’achat de l’album…

CD2
Avart - Music For Movement

Les huit premiers morceaux de ce second CD, forment une version non exhaustive d’ « Avart », sorti en version intégrale chez le propre label de NORDVARGR, 205 Recordings, la même année. Et hélas, il faut bien avouer qu’après un excellent premier CD, celui-ci ne parvient que difficilement, ici et là, à convaincre. Plus minimaliste dans son ensemble ( Ökt5 et Hild7 ), voire expérimental aussi ( Uct3 et Åkt6 ), et offrant parfois les mêmes rythmes décalés et minimaliste que dans l’album « I End Forever » (Act4).
« Ikt2 » sort du lot avec ces rythmes et mélodies funestes, de même que le début d’« Äkt8 » et ces sons flûtés. Mais rien de bien vraiment enivrant, et « Avart » semble plus à prendre comme une expérience de plus dans la liste déjà longue des expériences menées par NORDVARGR au travers d’une multitude de projets parallèles.

I End Now
On commence cette seconde partie avec « Interrupted By Thyras Ande Och Arv » dont les voix morbides, au début, rappellent certains passages de Profane Grace, et les longs souffles souterrains qui traversent le morceau s’agrémentent rapidement des clicks et autres rythmes décalés ou non propre à « I End Forever », qui, pour celui que n’en est pas fan, gâche franchement l’ambiance…
On remet çà avec le morceau suivant, bips, click‘n’cut, expérimentations, rythmes électroniques…
Ambiant et minimaliste cette autre version de « Rektal » ne réveille pas les vieux démons… de même que le dernier titre, ultime variation dans la série des « Pattern », même s’il s’avère plus convaincant que les précédents…
Dommage pour celui qui n’est pas fan de ce genre de musique.


UNTITLED NAVIGATIONS I
Beast of Prey 2009


1- Untitled Navigations I

3" CD-R (Bonus Disc)
2-1 -Converging Intro Extremes
2-2 - Extended Bohult Environmental

Longs drones sans fins, atonales, marqués uniquement par des crépitements, des vagues éphémères de sons, des pulsations discrètes, « Untitled Navigations I » commence en douceur cette nouvelle expérimentation sonore de NORGVARGR. Il faut attendre la vingtième minute pour que des vagues étranges de sons percent la grisaille ambiante, et que des mélodies éparses et décalés, dégageant une aura surnaturelle, finissent par prendre possession de l’ambiance avec succès.
Certes, quelques soient ces navigations, elles pourraient bien avoir, une fois de plus, la couleur noire du Styx. Les orgues pulsent en arrière plan leur mélodies insanes, ponctuées, ici et là, de notes plus fortes, qui s’élèvent des eaux délétères. Et les pulsations envahissent peu à peu l’espace, les échos, les souffles mauvais, les notes lugubres qui naissent des reflets ondoyant de la lune à la surface de ces eaux funestes. Les synthés montent aussi par instants en vagues lugubres de sons, et en arrière plan naissent de curieux mouvements, des froissements mystérieux, et tout s’efface, et des notes douloureuses, vibrantes de synthés s’élèvent, s’étirent, montent des eaux noires comme une brume fantomatique de sons, puis tout retourne à la grisaille de drone du début…
Si « Untitled Navigations I » met du temps à prendre sa vitesse de croisière, il n’en reste pas moins un album riche et étrange dans la discographie de NORDVARGR, une pure création issue des océans tourmentés du dark/black ambiant du maître.
Les deux titres bonus permettent à merveille de poursuivre ce voyage stygien, que ce soit le noir et rythmés « Converging Intro Extremes » avec ces notes lugubres de synthés, ou le funeste « Extended Bohult Environmental » avec ces voix hachées, ces drones vibrants en arrière fond, ces craquements intermittents…


INTERSTELLAR 2 (High End Version)
205 Recordings 2009



1- Transmission 5 / Transmitting Emptiness
2- Transmission 6 / Entering Abandoned Sector Cosmos 69
3- Transmission 7 / Kvasar
4- Transmission 8 / Ultra Deep Field
5- Transmission 9 / Barrier
6- Transmission 10 / Expanding Matter II
7- Lost Transmission / Nova Storm Drop
8- Transmission 11 / Song Of Saturn (Demo Pre Interstellar)

Plutôt réussie aussi, cette seconde version d’Interstellar poursuit l’exploration de l’univers, des ténèbres de l’espace, là où la première version s’était arrêtée.
Et dès la cinquième transmission, toute l’ambiance noire et tourmentée d’Interstellar reprend ses droits, drones, vibrations, fréquences éphémères, souffles, traversent l’espace sans ménagement.
Les ambiances se succèdent, troubles et hantées, comme avec « Transmission 6 / Entering Abandoned Sector Cosmos 69 » ou le ou la très intrigante septième transmission, où les souffles occupent l’espace, les vagues de synthés apparaissent comme de lointaines vibrations, et dont émane, sans que l’on sache jamais à quel moment elle se manifestera, une terrible menace latente.
« Transmission 8 / Ultra Deep Field » n’est que vibrations, long drone abyssal, et ouvre sur la menaçante transmission suivante, où des voix d’astronautes disparaissent derrière des notes atonales, des cliquetis lointains, et toujours les mêmes vrombissements sournois, qui occupent l’arrière plan.
Sans doute le meilleur titre de l’album, de par le côté hanté de ces boucles de sons, de par les voix éteintes, les chœurs douloureux de synthés qui s’en élèvent « Transmission 10 / Expanding Matter II » poursuit à merveille cette exploration glaciale de l’univers. Et une fois de plus tout n’est que souffles néantiques, vibrations mauvaises, drones vibrant, que des échos sourds viennent rythmés…
Puis vient le bien nommé « Lost Transmission / Nova Storm Drop » : notes perdues dans l’éther - discordantes et flûtées à certains moments -, déflagrations de mauvaises augures, échos imprécis et fantomatiques de voix, qui laisse sa place à une ultime transmission, tout aussi énigmatique…


AVART - Music For Movement: The Complete Sessions
205 Recordings 2009



Untitled 1-13

Cette version intégrale d’ « Avart » ne diffère guère de la version présente sur le deuxième CD d’ « Evolution » et en reprend aussi tous les morceaux, utilisés ici sans leurs titres.
Rythme minimaliste « Untitled 1 » ou franchement décalés et saugrenues« Untitled 10 à 12 » ; mais aussi expérimentations sonores tout aussi minimaliste « Untitled 2 et 4 » par exemple, et rythme et ambiances proche de l’album « I End Forever » ( Untitled 5).
Le plus sombre et inquiétant « Untitled 6 » rappelle certains passage des autres œuvres de NORDVARGR, mais demeure là aussi très minimaliste, et ne parvient pas à se dégager de bon nombre de formations du genre. On remarquera les débuts du fantomatique « Untitled 9 » qui redevient rapidement expérimental avec ces rythmes décalés.


RESIGNATION 2



1-Intro / I Put My Faith In The Lord
2-What Was Written Will Come To Pass
3-Among The Mountains And Rivers Flowing
4-Det Var Bättre Förr
5-Praeparatus Supervivet
6-Leedskalnin
7-Children Of The Masked Emperor
8-Outro / II (Reprise)

Malheureusement, le ton de l’album est donné avec « Intro / I Put My Faith In The Lord », relativement quelconque, un peu à la manière de centaines d’intros de groupes de métal trop souvent peu inspirés, et proche, dans l’esprit, de l’album I END FOREVER.
En effet, l’essentiel des titres de cet album sont construits sur le même schéma : rythmes électroniques répétitifs et assez ternes (I END FOREVER ou AVART), supportés par des mélodies tristes, minimalistes, de synthés.
Parfois, cela fonctionne un temps, comme pour « Praeparatus Supervivet » ou « Leedskalnin », mais l’essentiel des compositions reste par trop fades et monotones, à la manière de « What Was Written Will Come To Pass ».
Quoique trop long et monotone aussi, « Children Of The Masked Emperor » est lui dépourvu de rythmes, et étire des notes de synthés graves et dépressives sur plusieurs minutes, laissant deviner ce que RESIGNATION 2 aurait pu être si le sieur NORDVARGR avait su y insuffler un peu de la noirceur trouble et hanté qui caractérise nombre de ces albums, ou, en tout cas, s’il avait pris la peine de travailler un peu plus chaque morceau. Mais ce choix est sans doute volontaire, voulant par là souligner, au travers d’une simplicité des compositions, toute la froideur, toute la noirceur de la thématique abordée. C’était risqué…
On peut aussi se dire que RESIGNATION 2 est un album en « chantier », que les titres présents, en leur état actuel, n’était que des ébauches réalisées, pour la plupart, par NORDVARGR, et que la part de NG Ekholm qui a quitté le projet prématurément, devait y apporter la touche final…
On regrettera donc dans cet album, l’utilisation franchement fade des rythmes, et surtout le manque de richesse qui le caractérise. Puisqu’il faut vraiment attendre « Among The Mountains And Rivers Flowing » pour trouver un morceau qui dégage une réelle atmosphère, cette impression de résignation, de tristesse, que l’album devrait engendrer. Les boucles de sons y sont d’une grande mélancolie, les rythmes plus que souterrains, et, malgré la répétition, cette fois, la lassitude ne s’installe pas.
Autre morceau digne d’intérêt : « Det Var Bättre Förr », porte en lui cette même impression de noire résignation, de douleur sourde, surtout dans ces premiers instants.
Dommage…


THE WALLS ARE CLOSING IN
Cassette, Small Doses 2010




















A1-Claw Your Hands To The Sky And Howl At The Moon
A2- Interwall / Wade In Saws
A3-Untitled

La face B reprend les mêmes titres.

Un peu à la manière de Peter Andersson (Raison d'Être, Necrophorus...), mais de façon beaucoup plus radicale, NORDVARGR touche à tellement de styles différents, qu'il ne peut évidemment que très difficilement contenter tout le monde. Cette première cassette de NORDVARGR explore donc un genre que l'on retrouve ici et là, au gré de ces nombreuses collaborations, et qu'il développe ici au long d'une cinquantaine de minutes.
THE WALLS ARE CLOSING IN propose donc trois longs morceaux d'industrielle bruitiste, trois murs de sons comprenant peu de variations, parfois moins torturés ou agressifs - de même qu'expérimentaux - que certains titres issus, par exemple, des collaborations de NORDVARGR avec MERZBOW.
Le premier titre, sans doute le plus intéressant, "Claw Your Hands To The Sky And Howl At The Moon", commence comme un morceau d’industrielle ambiante sombre à souhait, grinçante, gémissante, puis le fracas sonore s’accentue rapidement, et le morceau s’étire ensuite sur le même mur infranchissables de sons, traversé par de rares fréquences saturées, par des modulations stridentes de sons. 
Il faut cependant admettre, dés le second morceau, "Interwall / Wade In Saws", qu'une certaine routine s'installe pour qui n'est pas un fan pur et dur de ce style musical. Ce second morceau est plus agressif, plus torturé, dans le même style que certains des titres des différentes collaborations de Nordvargr avec Merzbow.
Le dernier titre, d'un certain Romain Perrot (Vomir), s'inscrit dans la tradition des deux premiers, mais peut-être avec un plus grand statisme, un plus grand minimalisme dans l'exécution, que les deux précédents.
Et malgré l'impression que pourrait laisser cette critique,  si THE WALLS ARE CLOSING IN n'est évidemment pas un album indispensable dans la riche discographie de NORDVARGR, il en marque néanmoins une agréable parenthèse... pour les fan d'industrielle bruitiste...


TYGLAD BEST
Ufo Mongo, LP, 2011




















A- The Abyss Looks Back And Lashes Out
B- Extended Tentacles And Unfathomable Emptiness In Holy Union


UNCERTAINTIES
Files MP3/FLAC
Bandcamp, 2012 





















1- Uncertain 1
2- Uncertain 2
3- Uncertain 3

Album de recherche sonore, UNCERTAINTIES propose trois titres assez courts, purement expérimentaux, usant de click'n'cut, de glitch, de fréquences de sons, et autres bizarreries sonores, sans réellement pouvoir entrer dans l'une ou l’autre de ces catégories extrêmes. Très différent donc du plus construit I END FOREVER sorti en 2004. A écouter très attentivement avant de le télécharger, même si le prix est - au moment où j'écris ces lignes en tout cas - modique (2€). D'un autre côté, il y en a pour dix minutes de musique, pas plus. A écouter attentivement donc pour ne pas avoir de mauvaises surprises si l'on s'attend à du dark/black ambient façon AWAKEN et HELVETE !... Il s'agit d’expérimentation pur et dur, style qui semble toujours assez déroutant, voire pire, vu de l'extérieur.  
Pour les specialistes du genre, l'album est disponible à l'adresse suivante :
http://nordvargr.bandcamp.com/album/uncertainties


MURKHR
Old Europa Café, CD+LP,2012




















LP
A- Set
B- Setting
CD
1- Larvae Rex Caelestis
2- Murkhr
3- Ayahuasca Aldebaran Axis
4- Wearing The Karnak Horns
5- Interdimensional Drift 
6- The Alchemical Vessel 
7- Truth And Revelation 
8- Triumphant Return To The Flesh

MURKHR serait la synthèse, le compromis entre les mots murk, obscurité/ténèbres en anglais, et mörker, là aussi ténèbres en suédois.
Projet ambitieux donc qui, il faut bien l’avouer, reste plutôt en deçà de ce que l’on était en droit d’attendre d’un tel concept. L’album ne déçoit pas, bien sûr, surtout le cd d’ailleurs et l’ambiance, quoique assez inégale, réserve de bon moments. Le premier titre du cd est sans doute l’un des meilleurs de l’album, sombre, au rythme lent et rituel, avec des chœurs noirs aux lointaines influences orientales qui pourraient bien évoquer le dément Abdul Alhazred cher à Lovecraft. Le dernier titre du cd, Triumphant Return To The Flesh, reprend le même schéma (influences orientales en moins) avec presque autant d’efficacité.
Les autres morceaux demeurent purement ambiants, les deux titres plus marquants restant Murkhr, chtoniens, caverneux, plein de remugles, et le gémissants The Alchemical Vessel, plein de craquements de glace, de bruits de gouttes, de grincements où se perdent quelques notes lugubres. Peut-être le seul titre réellement digne d’évoquer le concept de MURKHR.
La fin de Ayahuasca Aldebaran Axis rappelle par moments aussi certaines ambiances de FOR THE BLOOD IS THE LIFE ou AWAKEN. On retrouvera aussi ces influences à la fin de la face B du LP ; on pourra même reconnaître certaines sonorités déjà utilisées dans le premier cité.
En revanche les autres titres semblent plus fades, moins aboutis, comme Wearing The Karnak Horns, Truth And Revelation, ou même Interdimensional Drift malgré ses cornes de brume sinistres qui ne parvient jamais réellement à convaincre.
Le vinyle laisse la même impression ; deux longs morceaux d’environs 20 minutes chacun, qui alternent des passages grisâtres, d’où naissent quelques chœurs discrets, des voix, des drones brumeux, bousculés ici et là par de légères variations, quelques montées chromatiques, mais le tout demeurant assez gris et non ténébreux au final. L’artwork du LP est correct, sans plus, et les deux cartes n’ont rien d’extraordinaire. Il faut ajouter a cela un badge. L'édition (encore plus) limitée contient une cassette avec une boucle de son d'une minute. Il faut aussi y ajouter 2 badges et 2 auto-collants.


MUSIC FOR N,N-DIMETYLTRYPTAMIN
Vicmod Records, File, 2012




















1- Setting The Stage
2- Leaving The Self Behind
3- Machine Elves Floating
4- Fractal Morphology
5- Ambient Spiritual Obligation
6- End In Green
7- Chaos Stars Are Out Tonight
8- Aftermath 


THE MISSING LINK
Files, 2013




















1- Attempta 
2- At Ease With Disease 
3- Sammi V 
4- Negativat 
5- Uncharted Depths 
6- Pattern E3  
7- Action Man
8- Leopoldic 
9- Mutation  
10- Urrektal 
11- Kaotix 
12- Eta Tapet 
   
Depuis quelques temps déjà, NORDVARGR semble s’éloigner peu à peu du dark-ambient pour privilégier une musique semi expérimentale, faite de glitch, de collages, et autres bidouillages sonores pas toujours convaincants hélas dans toutes ces productions que notre scandinave enchaîne depuis quelques temps. Réalisé entre le très quelconque et expérimental I END FOREVER et le dark ambient nettement plus intéressant de FOR THE BLOOD IS THE LIFE, MISSING LINK tient hélas du premier, dans une version plus courte, peut-être aussi plus limpide, mais tout aussi quelconque.
Parmi beaucoup de titres qui ne présentent qu’un intérêt limité (citons, au hasard, les deux premiers et les trois derniers…), MISSING LINK propose quelques trop rares morceaux qui semblent plus aboutis, dans un style bien particulier il faut l’avouer, parfois assez étrange, sorte de trip hop glauque et souterrain pour Sammi V, que l’on retrouvera, mais en une version plus électronique sur Action Man. Même ambiance pour Negativat, mais aux rythmes moins marqués, pour un titre plus sournois, qui évoque une vague menace, un peu trop long sans doute et pas assez varié, mais agréable tout de même.
Et c’est ce que l’on retiendra de cet album : des morceaux d’une douceur trouble et fausse, (Sammi V, Negativat, voir aussi Mutation) ; titres ambiants, avec juste un rythme régulier qui officie comme une pulsation cardiaque.
D’autres échoueront à créer cette atmosphère, comme Leopoldic, sans parler de morceaux comme Pattern E3, Kaotix (etc…), qui reprennent le plus minimal de I END FOREVER : glitch, click’n’cut poussifs, vieilles boîte à rythme et jeu électroniques obsolètes, voir aussi l’expérimental quelconque d’Urrektal, qui ne parviennent jamais à être convaincants...
 

ARTIFACTS FROM A BROKEN CORE
Files, 2013




















1- Sirius Carmanor II 
2- Facing The Ghost Of The Past 
3- Indoktrination 
4- Karnak Horn Movement
5- Lycanthropic 
6- Some Hills Have Eyes 
7- Crickets Pondering 
8- Larvae Rex Caelestis (Alt Version) 
9- Offerlängtan 
10- Ambient Spiritual Obligation 
11- Trance States        
 

THE DROMOPODA TRANSMISSIONS
Old Europa Cafe, CD + DVD, 2013

















1- Prostomia Domination 
2- Hybrid States 
3- In Soil Dispersed 
4- Olgoi-Khorkhoi 
5- Трансмиссия 2
6- Source Of Claws 
7- Cyphophthalmi Hostility 
8- Spiracles 
9- Трансмиссия 5
10- Hidden In Code Forgotten 
11- Insect Transmission End 
DVD The Dromopoda Transmissions (3D Elaborations By Ro So Matix)        



NORDVARGR/DRAKH

NORDVARGR

BLACK AMBIENT MASTER
NORDVARGR PART I (2002-2008)

[NORDVARGR Part II (2009...)]



Née avec le black industrial sans concession de MZ.412, dont les albums avec des titres aussi évocateurs que “Burning the Temple of God” ou “In Nomine dei Nostri Satanas Luciferi Excelsi” sont devenus des classiques du genre, l’œuvre d’Henrik Nordvargr Björkk n’aura cessé d’évoluer ces dernières années, d’explorer toutes les possibilités d’une scène post-industriel en mouvement, du power electronics politisé de Folkstorm, à l’industrielle martiale de Toroidh, en passant par une multitude de collaborations aussi riches que variées, couvrant le large spectre de l’expérimentale, du noise, du black metal, de l’electronic…
Mais c’est à l’œuvre en solo de Nordvargr dont il est ici question. Et ce n’est sans doute pas un hasard si celle-ci compte parmi les plus sombre, les plus hantée et démoniaque de sa discographie...

AWAKEN
Eibon Records 2002



1- Awaken
2- Cellardweller
3- Kretslopp
4- Lament
5- Natt
6- Hascimh
7- Sulphur Mist
8- Seeds Of Blood (Acts 1-4)

L’œuvre de NORDVARGR commence donc en beauté avec « Awaken », pur album de black ambiant s’il en est ; et dès le premier titre on comprend tout de suite que les adeptes de noirceur sonore en auront pour leur compte avec ses mélodies sombres, pernicieuses, toutes imprégnées de doutes, de craintes, de cauchemars latents… Le CD se poursuit avec « Cellardweller » et les guitares lourdes et menaçantes de Drakh, ex comparse de MZ.412, qui signera avec NORDVARGR (Nordvargr/Drakh) toute une série d’albums débutant avec le mythique « Northern Dark Supremacy ». Et comme souvent sur ce CD, les climats se succèdent, les guitares de « Cellardweller » laissant leur place au profit de grincements, de sonorités sourdes, de bruits indéfinis, issus de quelque souterrain obscur, dont on ne sait, avec certitude, ce qui le hante.
Et tout l’univers sonore de NORDVARGR est déjà là, les mélodies susurrantes, atonales, comme dans « Kretslopp », tout ce monde rampant, hanté et gémissant, qui évoque l’au-delà cher à Lovecraft. Et ce ne sont pas les voix aériennes et spectrales de « Lament » qui contrediront ces propos, elles qui nous poussent vers des limbes brumeuses, comme savait si bien le faire, en son temps, le défunt et fascinant Kerovnian.
« Natt » reprend l’utilisation de mélodies atonales, neurasthéniques, mais aussi angoissantes, et comme toujours émaillées ici et là de bruits épars, de drones caverneux, de variations mauvaises. Car tout semble en effet bien sombre ici, et si l’on entrevoit, à certain moments, de brèves lueurs, ce ne peut être que les feux rougeoyants de quelque enfer intérieur, de quelque Pandémonium cérébrale, où l’âme s’étiole, où le fiel de l’existence bouillonne et rougeoie de toutes les désillusions, de toutes les haines…
On poursuit avec « Hascimh » et ces voix démoniaques, issus de nulle part, ces pulsations mauvaises, ces cris de damnés qui traverseront, au fil des ans, d’autres albums de NORDVARGR. Et si les projets évoluant dans les sphères infernales du black ambiant sont rares, et encore plus rares ceux de qualités (Kerovnian, Funerary Call…), NORDVARGR arrive régulièrement, au travers de plusieurs albums (Helvete, For the Blood is the Life, Pyrrhula…), à nous plonger dans un autre monde obscur, sournois, néantique, maléfique, qui n’est, en fin de compte, qu’une transcription plutôt juste de notre propre monde…
Et jusqu’au bout « Awaken » ne perd pas de son intérêt, même avec le plus discret « Sulphur Mist » qui se pare rapidement d’une aura trouble et… sulfureuse…
Quant au dernier titre « Seeds Of Blood (Acts 1-4) », long morceau varié de plus de seize minutes, ses mélodies noires et envoûtantes, ses rythmes mortuaires et sinistres, entrecoupés de scénettes pleines de ululements, de crépitements, de chants religieux qui, à contrario de Raison d’Être, revêtent ici un caractère morbide, voire démoniaque, termine en beauté cet album.
Pour ceux qui savent que l’enfer est ici, au-delà, en dedans, dans le regard du prêtre, la barbe de l’imam et le sourire de l’innocent…

ON BROKEN WINGS TOWARD VICTORY
Old Europa Cafe 2003



1- Rektal B
2- Hollow A
3- Hollow B
4-6142
5- Bakom Ilskan
6- On Broken Wings Towards Victory

On pouvait s’attendre à tout, vu le premier titre, au doux délire de Grismanenn jusqu’aux assauts débridés sonores des différentes collaborations de NORDVARGR, avec Hentai ou Merzbow, pourtant il n’en est rien. « Rektal B », qui n’a rien à voir non plus avec le mini disc Rektal_dist 1.4 sorti en 2003, est un morceau tout en demi teintes, plutôt effacé même, et qui reste bien en deçà des compositions d’« Awaken ».
Avec « Hollow A », créé à partir d’enregistrements de différentes pièces de métal, on se rapproche plus de certains albums d’Hazard et de son field recordings discret. En effet, on reste ici loin de Raison d’Être, de Lithivm, ou même de Where lorsqu’ils utilisent toute une suite de grincements, de raclements métalliques. Et là aussi, il faut bien l’avouer, le titre ne décolle pas. Drones discrets, souffles, bruits indéfinissables sont bien là, mais on reste plus – même lorsque les craquements métalliques s’amplifient – proche d’albums expérimental de second ordre, comme ceux de Sleep Research Facility, de Subinterior, de Dense Vision Shrine
Le troisième titre, « Hollow B » retrouve un peu de l’inquiétude distillé dans « Awaken », quelque chose de discret, de susurrant, mais qui une fois de plus, se démarque assez peu d’une foule d’autres projets. Le titre suivant reste assez proche dans l’esprit - et se pare d’une aura de plus en plus convaincante.
Et c’est avec « Bakom Ilskan » que « On Broken Wings Towards Victory » prend toute sa puissance, devient enfin passionnant, et digne du nom de NORDVARGR. Morceau beaucoup plus travaillé, dont l’ambiance ne déçoit jamais ; les bruits d’eau, les souffles, nourrissent un arrière fond sonore prenant, traversé de pulsations sourdes, de drones lugubres qui concourent à créer une véritable ambiance. Et le bonheur se poursuit avec le long dernier titre, lui aussi animé par des souffles rauques, des pulsations lourdes, des drones graves et des voix mauvaises ; le morceau est riche et varié, faisant de ce titre, en sa seconde partie, une véritable émission sonore capté du plus profond de l’abîme…
Si « On Broken Wings Towards Victory » commence de façon assez banale, il devient vraiment passionnant avec ces deux derniers titres qui totalisent à eux seuls plus de 30 minutes tout de même…

I END FOREVER
Horch ! 2004



1- Intromh
2- Not One Of You 1
3- Not One Of You 2
4- Intakt
5- Talamus
6- Patterns Emerging 1
7- Patterns Emerging 2
8- Patterns Disolving
9- Sonik Rankor Market
10- Epilepsignal
11- Stochastic Resonance
12- There Are Others
13- I End Forever
14- Instabil / Coredump
Video- Patterns Emerging

Si, à l’instar de Peter Andersson, l’œuvre de NORDVARGR, au travers de ces multiples projets parallèles et collaborations, est d’une grande variété, « I End Forever » n’est peut-être pas le meilleur album pour découvrir l’œuvre que le scandinave sort sous son propre nom. D’abord parce qu’elle n’en est pas la plus représentative, et ce, malgré la large différence de spectre (mauvais jeu de mot…) que couvre l’œuvre de NORDVARGR : de l’infernal « Helvete », au fantastique « For the Blood is the Life », en passant par le stellaire et néantique « Interstellar », « I End Forever » se rapproche plus d’une certaine forme de crossover expérimental entre, d’un côté, une version minimaliste de ces propre travaux ambiants, et de l’autre, les glitch et le click’n’cut dont est emprunt l’album. On songe, entre autre et en moins rythmés cependant, à l’album « Apparitions » de Cordell Klier. Certes, cela peu dérouter, et, n’étant pas particulièrement fan du genre, c’est avec une certaine réticence que j’ai découvert le résultat bien plus proche de l’electronica que du dark ambient.
Dès la courte intro passée, le ton est donné avec « Not One Of You 1 » : rythme plus ou moins décalé, plus proche de la pulsation que des percussions, inhérent à une certaine forme d’electronica expérimentale et low-fi, aux ambiances minimalistes de rigueur, et ce jusqu’à la fin du morceau. Suivent les plus électroniques « Not One Of You 2 » et « Intakt », toujours aussi minimaliste, car l’essentiel des morceaux est basé sur le rythme, avec seulement, en contrepoint, quelques floues insaisissables de synthés.
On retrouve un peu des ambiances ténébreuses que distillent généralement les albums de NORDVARGR avec « Talamus », vagues sombres de sons, plus proches du souffle, grincements, mais les rythmes décalés reviennent vite, et même si ils se font plus discrets, le morceau n’en reste pas moins minimaliste.
Quoique peu varié, et fort proche l’une de l’autre, les deux premières versions de « Patterns Emerging » restent sans doute parmi les titres les plus intéressants ; les rythmes sont là, mais les courtes phrases de synthés menaçantes qui les accompagnent se fondent assez bien dans l’ensemble.
Rythmes uniquement pour la dernière version de « Patterns Emerging », puis « Sonik Rankor Market » qui figure aussi parmi les titres les plus aboutis d’« I End Forever », d’un point de vue atmosphérique en tout cas, même si les rythmes décalés et autre percussions mi pop/électro, pour qui n’en est pas fan, demeurent omniprésentes. Néanmoins le morceau passe d’une ambiance à l’autre, retrouvant, à certains moments, la noirceur des autres œuvres.
Après le plus anodin « Epilepsignal », vient l’expérimental « Stochastic Resonance », et on retourne aux rythmes électro avec « There Are Others ».
Curieusement ambiant, presque onirique, le très sympathique « I End Forever », sorte de dream/électro/ambiant…
Autre morceau au rythme électro soutenu par des notes lugubre de synthé, « Instabil / Coredump » clôt avec une franche réussite cet album atypique de NORDVARGR, qui, une fois de plus, réussi à nous surprendre, même lorsque, comme moi, on ne recherche pas systématiquement ce genre d’expérience sonore…

THE DEAD NEVER SLEEP
Old Europa Cafe 2005



1- Khon
2- Algenon
3- TDNS
4- Noma Klaw

Malgré le titre, nous ne sommes pas ici dans un album de Megaptera, même si par instants, au fil des morceaux, le death ambient nihiliste du défunt projet scandinave n’est pas loin, non, ici, tout est plus insidieux, plus pernicieux, pour témoin les souffles, les échos sourds, les bruits impossibles à identifier, les mécaniques souterraines, les drones persiflant au fond de quelque catacombe oubliée, qui interviennent dans « Algenon », juste après la courte introduction « Khon ». Et même si ce morceau n’est sans doute pas à classer parmi les meilleurs titres de NORDVARGR, il prépare à merveille aux deux invocations suivantes…
« TDNS » commence de façon plus légère, avec des vagues de mélodies, des notes de piano, presque onirique, légèrement décalés, et pleine de brume, de mystère. Bien entendu tout s’obscurcit très rapidement, et de nouveau le même trouble nous envahie, la même grisaille rampe vers nous, nous recouvre, et la nuit éteint en nous tout espoir, toute illusion. Et l’on se retrouve ici, un instant, quelque part entre Northaunt et New Risen Throne : drones chtoniens, raclements, et par instant tout devient craquements, déchirement de métal, à l’instar de certain passages de Bocksholm, d’Atrax Morgue, ou des explorations plus bruitistes de NORDVARGR. Ce titre, d’une grande richesse, enchaîne avec réussite les ambiances, les atmosphères mauvaises et possédées, nous replongeant dans les meilleurs moments d’« Awaken ».
Suit l’excellent « Noma Klaw», qui lui aussi, sans doute, nous donne une certaine vision de l’enfer. Et à l’écoute de ces boucles de sons ondoyants, de ces craquements sans espoirs, de ces rythmes inquiétants, l’on se prend à croire que - effectivement - il se pourrait bien que les morts ne dorment jamais…

VITAGEN
Essence Music 2005



1- Steril
2- I See Shadows
3- Voidum
4- Orgasmo Nero
5- Munus
6- Surreal Adaptation
7- Omega
8- Snokth
9- Sesso Nero (Live Improv)

« Vitagen » est à classer parmi les meilleurs albums de NORDVARGR, ceux qui explorent toutes les noirceurs du black ambiant, ceux qui côtoient l’abîme, et qui pourraient servir de fond sonore aux meilleures toiles de Jérôme Bosch…
L’ensemble des titres fonctionnent comme de courtes pièces tourmentées, pleine de drones vibrants, de voix spectrales en arrière-fond, de claquements imprécis comme le très efficace « I See Shadows ». On est proche ici de la richesse torturée des meilleurs titres de Kraken. Et on peut dire la même chose de « Voidum » et de son côté expérimental, fourmillant de bruits, de drones haineux, de samples de voix déformées qui plonge l’auditeur dans un monde de cauchemar plutôt convaincant.
« Orgasmo Nero » fonctionne sur le même registre, cauchemardesque et industriel, que des cris de femmes ne font que renforcer.
Plus reposant en revanche « Munus » avec ces longues plages de synthés désolées, mélancoliques, qui préparent à d’autres cauchemars avec « Surreal Adaptation ». Mais cette fois, tout est plus insidieux, en drones expirant, en vagues plaintives de sons, en échos de marée et autres bruits auxquels les notes rauques de synthé donnent une structure.
Tout aussi efficace, « Omega » : martèlements, souffles, synthés dépressifs, bruits venus droit de l’abîme… Sans doute l’un des meilleurs titres de « Vitagen » qui rappelle, en sa seconde partie, certains des morceaux rythmés et obscurs d’Atrium Carceri.
Les deux derniers titres nous maintiennent au bord de l’abîme avec autant de réussite, que ce soit le plus lent et ambiant « Snokth », ou le plus rituel « Sesso Nero (Live Improv) », qui n’est pas sans certaine similitude avec « I End Forever ».
Du grand NORDVARGR.

FOR THE BLOOD IS THE LIFE
Old Europa Café 2007


1- Ekimmu
2- Masani
3- Pelesil
4- Moroii
5- Algul
6- Talamaur
7- Bruxsa
8- Vurkodlak
9- Upir
10- Ulukku
11- Swawmx

Autre album de choix dans la discographie de NORDVARGR, « For the Blood is the Life » ne pourra décevoir les adeptes d’ambiances cryptiques et funèbres ! Sans doute plus fantastique, voire surnaturel, dans l’esprit, au sens littéraire du terme, que ces prédécesseurs, cet album devient forcément l’évocation sonore d’une nouvelle, d’un roman, lu aux heures les plus sombres de la nuit… Et après tout, « For the Blood is the Life » est le titre d’une nouvelle vampirique plutôt réussi de l’écrivain de genre Francis Marion Crawford.
On commence avec le rituel « Ekimmu », rythmé, hanté, puis on passe aux crachotements de vieux vinyles de « Pelesil », qui, malgré des rythmes presque électroniques, demeure lui aussi fantastique grâce à ses synthés lancinants. Un peu à la manière du Kairos de Caul, influence dub en moins.
Plus expérimental, et trop court aussi, « Moroii », qui réussi néanmoins à maintenir une atmosphère spectrale dans ses clicks décalés. Suit le tout aussi fantomatique « Algul » qui rappelle avec plaisir le meilleur de Kerovnian.
Avec « Talamaur » on entre dans l’univers funèbre du Nosferatu d’Herzog, dont le morceau empreinte la mélodie fascinante du prologue, signé Popol Vuh, et qui réussit ici à en restituer toute la morbidité, tout le nihilisme sans appel qui sous-tendait ce prologue. Sans doute, grâce à cet emprunt, le meilleur morceau de l’album.
Très angoissant aussi et réussi, « Bruxsa », quelque peu gâché malgré tout, à mon sens, par les clicks qui le rythment et nous replonge dans l’inégal « I End Forever ». Mais le morceau garde encore, en dépit de ce traitement, une certaine noirceur. En revanche, le court titre suivant reprend avec beaucoup moins de succès la même formule.
Plus étrange, « Upir », presque onirique d’ailleurs, et qui se dégage aussi de l’ensemble.
« Ulukku » reste dans le même esprit ; et l’album se termine sur un titre, hélas, beaucoup plus anodin, mais qui, au-delà de décevoir, donne plutôt envie de se replonger dans les meilleurs moments de l’album.

In Oceans Abandoned By Life I Drown...
...To Live Again As A Servant Of Darkness
Essence Music 2007



1- In Oceans Abandoned By Life I Drown...
2-...To Live Again As A Servant Of Darkness

Plus lourds que ces prédécesseurs, « In Oceans Abandoned By Life I Drown...» comprend deux long morceaux de plus de vingt minutes chacun, et d’emblée, on remarque que cet album est à rapprocher de la collaboration NORDVARGR / Drakh, son ex-comparse de MZ.412, de part ces grondements graves, ces boucles de guitares saturées, ces pulsations oppressives qui traversent l’album.
Le premier titre est composé de long drones tumultueux, de vagues de sons samplés de riffs de guitare, voir, en sa seconde partie, de ces riff lourds et menaçants propre à certaines formations doom, comme les excellents Catacombs ou Nortt, et qui ponctuent aussi les albums des deux comparses (Northern Dark Supremacy ; The Betrayal of Light…). L’ensemble est riche et puissant et plonge l’esprit dans un noir maelstrom néantique. On regrettera malgré tout, et ce en dépit une fois de plus de la richesse des boucles, qu’il n’y ait pas plus de variations, car, même si le registre est ici différent, on n’atteint pas l’intensité hanté et funeste de la plupart des albums de NORDVARGR. On retrouve un peu de cette intensité dans les dernières minutes du premier titre, grondements, échos, craquements, sonorités spectrales qui collent à merveilles au concept…
« … To Live Again As A Servant Of Darkness » est très proche dans l’esprit, même drones gémissants, grinçants, ponctués de pulsations sourdes, qui rappellent aussi certains passages de Bocksholm, de Megaptera. Ici le sentiment de puissance abyssale et destructrice est de nouveau très fort, et les trois ou quatre séquences qui ponctuent le morceau n’ont rien de lassant, mais il manque une fois de plus le petit quelque chose qui permettrait de classer cet album parmi les meilleurs productions du scandinave.

HELVETE
Eternal Pride Production 2008



1-..
2- I Helvetet I
3- Conjugation To Him
4- The Shadows Are Bent By My Presence
5- Dronevessel Part II - For All Things Divine ...
6- Dronevessel Part III - ... I Summon My Master To Bring Forth Doom
7- Exit Cult, Enter Hell
8-:B.S.B
9- I Helvetet II

Pur chef-d’œuvre de black ambiant démoniaque, « Helvete » est proche dans l’esprit de « For the Blood is the Life » mais avec quelque chose d’infernal en plus, une aura ténébreuse qui envahit l’espace sonore de la première à la dernière seconde et ne nous laisse aucun repos.
Après une courte intro, on entre dans le vif du sujet avec le noir « I Helvetet I » : notes planantes, voix infernales, claquements sourds, échos distordus de sons et chœurs douloureux en arrière-fond… Un avant-goût de l’enfer…et bien meilleur que nombre d’intro, souvent plus pénibles que démoniaques, comme il en existe des tonnes dans le black metal.
Plus atmosphérique, mais tout aussi démoniaque, « Conjugation To Him » qui révèle la même richesse des sons, le même souci du détail inhérents, du reste, à chaque album de NORDVARGR. Et si le morceau se révèle moins démoniaque que le précédent, il n’en est pas moins lugubre et sinistre. Notes graves qui s’enchaînent sur fond de grincements, de raclements, d’éclats sourds et on poursuit cette inexorable descente aux enfers avec « The Shadows Are Bent By My Presence ». L’intro, véritable hymne mauvais, reste proche, dans ces samples de chœurs, de la musique du Nosferatu d’Herzog déjà utilisé dans « For the Blood is the Life », puis le morceau devient plus atmosphérique, les sons s’imbriquent, s’ajoutent les uns aux autres, se recouvrent en un Pandémonium angoissant.
La tension monte progressivement avec « Dronevessel Part II », les grondements s’amplifient, des voix éclatent ici et là en arrière-fond, des bruits épars agitent les profondeurs du morceau, et là aussi tout est dans le détail, dans la beauté hantée et sinistre des sons utilisés, jusqu’à ce que des mélodies latentes, des notes traînantes, s’assemblent, s’unissent jusqu’à former une unité noire de sons.
Il y a quelque chose d’Inanna et d’Archon Satani dans le début du morceau suivant, dans les boucles glaciales de sons entrecoupées de silences pesants, mais aussi, une fois de plus, de Kerovnian, dans les étranges voix maugréant qui interviennent par moments, puis les mélodies de synthés deviennent spectrales, les échos se font tourmentés, et des rythmes mortuaires traversent l’œuvre avec brio. Tout simplement superbe !!
Exactement dans la même veine, « Exit Cult, Enter Hell » qui reprend le rythme incantatoire et funèbre de « Dronevessel Part III » ; ici tout est noirceur spectrale, souffles hantés, et, comme souvent dans l’œuvre de NORDVARGR, si une lueur perce les ténèbres, c’est uniquement parce que l’on se rapproche de l’enfer…Ici c’est la voix de Drakhon qui invoque les démons, et – il semblerait – avec une certaine réussite.
Et ce ne sont pas les remous, les notes caverneuses, les rares voix désincarnées du très réussi « :B.S.B: » qui rompront le sortilège d’ « Helvete » !
Tout aussi noire, voici l’heure de la conclusion avec « I Helvetet II » : infernale, mauvaise, elle achève à merveille cette descentes aux enfers de ces boucles hargneuses et funèbres.
- Admirable -

INTERSTELLAR
Beast of Prey 2008



1- Transmission 1 / Nothingness Approaching
2- Transmission 2 / Massive Interstellar Darkness
3- Transmission 3 / Expanding Matter
4- Transmission 4 / Returning To A Balanced Existence

Il faut bien l’avouer, à l’écoute d’« Interstellar », nous sommes encore en présence d’une réussite dans l’œuvre de NORDVARGR. Beaucoup plus sombre que le déjà réussie « Starscape » de Gustaf Hildebrand, le fabuleux et magique « Kosmodron » de Bad Sector, ou que les expérimentations du projet Arecibo de Brian Lustmord, « Interstellar » c’est l’expérience du vide, de l’infini écrasant, du néant relatif qui œuvre entre les mondes et dont on perçoit ici les basses fréquences, le tumulte secret des particules, la lente marée stellaire qui envahit l’univers de ses drones impitoyables, de ces tourbillons désespérés…
Tout commence avec « Transmission 1 / Nothingness Approaching », et déjà, dès les premières secondes, tout est dit : souffles impitoyables, remous gémissants, grondements effroyables, stridulations intermittentes, que des voix humaines, d’astronautes, perdus en ces immensités douloureuses, ne parviennent pas à humaniser, mais, à contrario, ne servent qu’à renforcer le sentiment de solitude infini de l’espace. Bips et fréquences perdus ajoutent aussi au sentiment d’égarement qui nous étouffe dès les premières mesures.
Les souffles désincarnés et stellaires reviennent occuper l’espace dans « Transmission 2 / Massive Interstellar Darkness ». Ils ne sont d’abord que des vibrations lointaines, incertaines, mais dont on sent déjà tout le potentiel, et lorsqu’elles enflent, que des voix d’astronautes morts depuis longtemps peut-être s’y perdent, que des chuintements, des tourbillons imprécis de sons émergent de ces profondeurs, on sent que les ténèbres massives qui nous entourent auront raison de nous, de notre esprit, qu’il n’y a aucune fuite possible dans ces espaces ténébreux.. Curieusement, on se dit aussi qu’« Interstellar » aurait aussi pu être un hommage à l’horreur cosmique cher à Lovecraft, en plus d’être une illustration sonore de la théorie du Mal Absolue développé par un certain Haglund. « Transmission 2 » reste complexe et riche jusqu’au bout, et, comme toute œuvre de NORDVARGR s’écoute sur du matériel hifi de qualité ; tout mp3 téléchargé sur internet ne peut en donner qu’une médiocre opinion, si l’on veut pouvoir en saisir toute la richesse des sons.
La troisième transmission débute dans le même tumulte de souffle allant crescendo, de boucles sans compromis de vibrations, et même s’il parait plus faible que les précédents, les fréquences tourbillonnantes qui l’agitent comme des spasmes en ces dernières minutes ne laissent aucun doute sur l’issue de ce voyage aux confins de l’inconnu…
« Transmission 4 / Returning To A Balanced Existence » commence très fort, par des vagues de sons sans compromis que des drones souterrains viennent agiter inlassablement, et peu à peu, on perçoit de curieuses mélodies en contrepoint, des notes fantômes, des craquements, qui nous écrasent un peu plus au fond de notre fauteuil, broient un peu plus encore notre dernière espoir d’être sauvé.
NORDVARGR nous offre là un voyage de plus dans la nébuleuse intarissable de son esprit noir, noir et torturé.

PYRRHULA
Cold Spring 2008



1- Another Weeping Doomlord Lost
2- Pyrrhula One
3- Inwards To Salvation
4- Tordön
5- Hascimh Reborn
6- Pyrrhula Two
7- Aryana Of The Open Wound
8- Stripped Of All But My Loyalty I Serve

Autre album de choix, « Pyrrhula » est à classer, dans la fascinante discographie de NORDVARGR, quelque part entre « In Oceans Abandoned By Life I Drown...» et le sublime « Helvete ». Car il utilise les drones frémissants, implacables, du premier, tout en jouant sur les atmosphères infernales du second.
Pour témoin le fabuleux « Another Weeping Doomlord Lost », dans la parfaite lignée d’« Helvete » : ambiance infernale à souhait, ululations dépressives, gémissements, échos rythmés, chœurs blasphématoires et neurasthéniques en arrière-fond…
Le second titre est une longue suite de drones grinçants, saturés, puis graves, qui se superposent, et sont entrecoupés par des incantations de bien mauvais augure…
« Inwards To Salvation » s’avère d’emblée plus ambiant, puis la tension monte, des vagues de sons bourdonnants, graves, saturés, emplissent l’arrière-fond, donnant au morceau toute sa noirceur.
Aucune ambiguïté, en revanche, dans les rythmes sourds de « Tordön » qui laisse rapidement sa place à une nouvelle version de l’excellent « Hascimh », déjà présent sur « Awaken ». Tout aussi hanté, sombre, désolé et infernale, avec ces voix implorantes, ces échos sourds, ces notes graves et sans espoirs…
Autre morceau de pur black ambiant drone, et même s’il n’est pas le plus marquant de l’album, « Pyrrhula Two » gagne en puissance dans ces dernières minutes, lorsque les voix apparaissent, lorsque de lointaines stridulations percent l’abcès des ténèbres, lorsque tout se perd dans un brouillard dense et énigmatique de sons.
« Aryana Of The Open Wound » est en revanche beaucoup plus évocateur dès le début, et son climat malsain et sombre perdure jusqu’à la dernière seconde, jusqu’au fatidique dernier titre : « Stripped Of All But My Loyalty I Serve ». Fascinant, hanté, démoniaque, il clôt en beauté ce nouvel album qui, s’il n’a pas toujours la même puissance évocatrice, ténébreuse et démoniaque, d'« Helvete », n’en reste pas moins une réussite de plus dans l’œuvre multiforme de NORDVARGR.